La Taxe Rose ? Incitation à rendre les femmes plus dépensières que les hommes ?

Nouvelle taxe ? Pas tant que ça. C’est une taxe que nous, Mesdames, nous payons sans trop nous en rendre compte. Taxe invisible, insidieuse, masquée, illégitime. Comme son nom le laisse entendre, c’est une taxe payée par les femmes sur un produit ou service. Sur son équivalent masculin, les hommes sont purement exonérés de ce supplément. Petit tour d’horizon de cette taxe.

 

Il s’agirait là d’un concept importé des Etats-Unis, appelé womantax outre atlantique. Selon qu’un produit ou un service s’adresserait à un homme ou une femme, le tarif ne serait pas le même. Et cela s’applique aux femmes, mais aussi aux fillettes, aux adolescentes. La cible féminine est sujette à cette discrimination camouflée. Mais pourquoi payons-nous plus que nos semblables masculins ? Par méconnaissance ? Par ignorance ? Par choix ?

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Source : Le Parisien

Quelques exemples éloquents

L’un des premiers exemples de prix qui nous vient à l’esprit est le coiffeur. C’est écrit en gros sur la vitrine du coiffeur mixte du centre-ville. Pour Monsieur : 18€. Pour Madame : 35€. Si vous avez des enfants, vous avez peut-être constaté un écart de 2 à 5€ entre la coupe garçon et la coupe fille. La différence de prix est souvent « justifiée » par le fait que la coupe dame demande plus de travail que la coupe monsieur. Pourtant si vous avez les cheveux courts, une coupe mixte qui sied aussi bien à Monsieur qu’à Madame, il y a peu de chance que votre coiffeur vous fasse le tarif homme.

 

Un autre exemple constaté dans de nombreuses villes de France est le prix du pressing. Un chemisier vous sera facturé en moyenne 1€ de plus qu’une chemise. Alors que si vous repassez vous-mêmes votre linge, vous savez très bien que la chemise de votre mari prend 2 fois plus de temps à repasser qu’un de vos chemisiers, parce que le tissu est plus épais et moins souple. Alors, comment justifier cette différence de tarif dans le cas du pressing ?

 

Lors de la prochaine rentrée des classes, comparez les prix des stylos ou trousses et autres agendas du rayon scolaire. Vous constaterez une majoration tarifaire sur les stylos estampillés « fille », sur les agendas de princesse, et les cahiers à la couverture rose. Doit-on priver sa fille du cahier qui lui fait envie ou lui infliger un cartable de Spiderman si ce n’est pas ce qu’elle aime ? Bien sûr que non, alors nous subissons cette taxe rose.

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La majoration la plus importante a été constatée sur le rasoir jetable de supermarché. Une majoration d’environ 40% a été constatée pour les rasoirs femme. Certes, ils sont roses ou pastels mais pourquoi le rose reviendrait plus cher à fabriquer que le bleu ?

 

Pourquoi cette majoration ?

La vérité est que cette taxe rose nous est imposée. Souvent, nous la payons sans en avoir conscience. Le marketing produit et les rayons des magasins sont faits de telle sorte que notre regard est appelé par le rayon femme, sans que nous ne puissions jeter un œil sur la gamme de produits homme. Donc, nous ne pouvons pas constater cet écart de prix, et nous continuons à l’ignorer.

Les femmes sont attirées par l’aspect glamour et elles vont craquer plus facilement sur un produit avec un beau packaging. Un homme recherche la fonctionnalité avant tout. Il n’achètera jamais un produit dont il n’a pas l’usage et il est souvent indifférent au packaging. C’est une réalité dont se servent les experts en marketing pour packager leur produits, et pour déterminer le prix de vente. C’est ce qu’on appelle le « marketing genré« . Comprenez une approche marketing différente selon que la cible soit un homme ou une femme.

En outre, il faut savoir que les prix sont fixés aussi en fonction du volume fabriqué. Plus la quantité de produits fabriqués est importante et plus le prix sera faible. Un autre moyen de fixer le prix est d’utiliser les sondages pour avoir une idée du prix que vous seriez prête à mettre. Le souci est que pour des produits de beauté ou pour se faire plaisir, les femmes sont souvent prêtes à payer plus cher que les hommes.

Le phénomène paraît encore plus injustifié quand on sait qu’en France une femme touche généralement un salaire inférieur à celui de son conjoint ou de son frère ou de son voisin. Et elle devrait aussi payer plus cher des produits de première nécessité ? Au nom de quoi ? Qu’elle soit femme ?

 

Comment lutter contre cette discrimination ?

En boudant ces produits estampillés femme au profit de leurs équivalents homme chaque fois que c’est possible.

Ayons conscience de cette différence et consommons mieux. Achetons un produit packagé homme lorsque le produit fait très bien l’affaire (un stylo ou un dentifrice). Certaines femmes qui portent un parfum d’homme. Et faisons-nous plaisir de temps en temps avec un produit plus cher packagé femme spécialement pour nous. Mais dans ce cas,  achetons plus cher en toute conscience. Que ce soit un choix délibéré de payer plus pour un produit ou un service étudié spécialement pour répondre à nos besoins ou nos envies, plutôt que quelque chose de subit ou d’inconscient.

 

Pour certains, la discrimination est à établir. Nous sommes toujours dans l’attente de l’enquête lancée par la secrétaire d’Etat aux Droits des Femme il y a plus d’un an. Par contre, messieurs, ne vous attendez pas à payer moins cher un produit ou un service de décoration en passant par notre boutique. 😉

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